Vers une alliance internationale des progressistes

Publié le par Gilles Norroy

par Gilles Norroy

Depuis les origines de l’humanité, le progrès s’est toujours voulu universel. Les grandes civilisations se sont efforcées d’exporter leur modèle, le plus souvent hélas, par la force. A l’époque moderne, la philosophie des Lumières s’est répandue dans toute l’Europe, cherchant ici ou là le refuge auprès de monarques éclairés qu’elle ne trouvait pas dans son pays d’origine. Napoléon a tenté d’imposer par les armes l’héritage de la Révolution Française.
Marx a le premier, avec l’internationale socialiste, pensé que la transformation du monde qu’il souhaitait, devait s’inscrire dans un cadre mondial. Et les pères de l’Europe se sont efforcés, dans un cadre heureusement plus pacifique, de tirer les leçons des affrontements passés pour considérer que le progrès suprême était de vivre en paix.
Aujourd’hui l’internationalisme est un héritage disputé. Pour les uns il s’agit de rassembler les forces antilibérales, pour ceux de l’Internationale socialiste de réunir les formations qui se réclament de la social-démocratie. A droite il n’y a pas vraiment d’internationale au sens strict mais des rassemblements, européens le plus souvent, qui correspondent plus à des accords techniques au sein de l’union européenne qu’à un projet partagé et rassembleur.
L’histoire porte souvent la mort des concepts qu’elle a engendrés. Le nazisme a tué le nationalisme, et le goulag le communisme mais aussi le socialisme dont se réclamaient les pays qui ont tenté l’expérience totalitaire. Manuel Valls fait d’ailleurs partie de ceux qui ont le courage de penser que le Parti Socialiste est plombé par son nom.
Devant l’impasse que représentait le rassemblement de la Gauche de Besancenot à D.S.K, les Progressistes ont choisi de s’inscrire dans la majorité présidentielle avec Nicolas Sarkozy. Chaque jour qui passe les conforte dans ce choix qui est celui de l’action plutôt que l’impuissance politique.
Comment ne pas voir à l’échelon international, qu’il n’y a pas l’épaisseur d’un trait entre la politique menée en France et celle de Gordon Brown qui s’inscrit dans la continuité de l’action de Tony Blair ? Comment ne pas admettre que la politique économique de la France est plus proche de celle menée par Zapatero que le projet de Ségolène Royal plombé par le socialisme has –been de Chevènement ?
Une des caractéristiques de la politique menée en France est de savoir s’inspirer des réussites ou des difficultés des autres pays européens. C’est ce qu’a fait récemment notre ami Eric Besson en se rendant au Danemark en Grande-Bretagne et en Allemagne pour évaluer les politiques de financement des charges sociales.
Sur la plupart des sujets, le progressisme ne peut se concevoir dans un seul pays. Rendus solidaires par l’Euro, les pays européens ne peuvent envisager de projet dans la plupart des domaines, allant de l’économie à l’immigration en passant par la lutte contre le terrorisme, que dans un espace international.
Dès lors ce qui est posé c’est d’organiser cette alliance des gouvernements progressistes telle que l’avait initiée Tony Blair, qui dépasserait les limites étroites de l’Internationale socialiste pour regrouper de Gordon Brown à Hillary Clinton, les formations qui se reconnaissent dans quelques principes communs : préoccupation sociale, respect de la démocratie et des droits de l’homme, maîtrise et régulation de l’économie de marché.
La tâche est immense mais ce serait à l’honneur de l’association les-progressistes.fr que d’en poser la première pierre. 

Gilles Norroy          

Publié dans Vie politique

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bouquery 18/10/2007 23:37

tout pour ne plus voir "faire payer les riches"

marc d HERE 14/10/2007 08:41

Vous retrouverez aussi cet article sur le nouveau site des progressistes: http://www.les-progressistes.fr