Diplomatie:rupture et continuité

Publié le par Pierre Rousselin pour Le Figaro

Editorial de Pierre Rousselin. Le Figaro.fr du 28 08 2007

 
En diplomatie, la « rupture » de Nicolas Sarkozy, c'est un nouveau ton, un nouveau dynamisme. C'est surtout une nouvelle façon de situer la France au coeur des affaires du monde.
 
Le volontarisme, le culte du résultat et la détermination à être présent sur tous les fronts marqueront, ici comme ailleurs, l'action du président de la République. Son premier discours d'ensemble sur les questions internationales, hier, à la conférence des ambassadeurs, l'a confirmé. L'intervention était chargée de propositions et annonciatrice d'initiatives à venir.
 
Élargissement du G8, relance de la défense européenne, nouvelle approche de la question turque, Afghanistan, Kosovo, Iran, Liban, Irak, Darfour et affaires africaines... Sur chacun des principaux dossiers, notre diplomatie compte avoir un rôle moteur.
 
En soi, il n'y a là rien de révolutionnaire. Ce qui est nouveau, c'est que la France ne se pose plus en rivale des États-Unis. Elle ne se laisse plus enfermer dans un rôle qui n'est pas le sien : celui de point de ralliement pour tous ceux qui s'opposent à l'Amérique.
 
Nicolas Sarkozy revendique haut et fort l'amitié franco-américaine. Une amitié qui, pour lui, n'entraîne aucun « alignement ». Elle accroît, au contraire, notre force de proposition.
 
La relance de l'Europe de la défense qu'il entend piloter sera, par exemple, menée en parfaite harmonie avec le renforcement de l'Otan, « l'intérêt bien compris des États-Unis (étant) que l'Europe organise sa propre défense de façon indépendante ». En attendant l'assentiment de Washington à une telle évidence, on voit là se dessiner le premier test d'un « atlantisme » que la gauche a déjà choisi de stigmatiser.
 
Le Sarkozy de la « rupture » ne conçoit pas que l'UE puisse être un contrepoids à la puissance des États-Unis. Cela ne l'empêche pas d'insister avec force pour que notre continent se dote des moyens d'agir dans le monde.
 
C'est la raison même de son engagement européen : « Sans Union européenne forte et active, la France ne pourrait apporter de réponse efficace aux défis de notre temps. Sans Europe assumant son rôle de puissance, le monde serait privé d'un pôle d'équilibre nécessaire. »
 
La place de la France dans le monde ainsi posée, Nicolas Sarkozy peut invoquer son amitié avec Israël tout en se faisant l'avocat de l'accession des pays musulmans à l'énergie nucléaire. En Irak, il peut inviter George W. Bush à définir un « horizon clair » pour le départ de ses troupes, engagement jugé nécessaire à une contribution « utile » de la communauté internationale.
 
Avec un franc-parler peu diplomatique, la France marque son équidistance vis-à-vis des grands pays : la Russie est tancée pour la « brutalité » de son comportement, la Chine pour sa « politique de puissance » et l'allié américain pour son unilatéralisme et son manque de « leadership » dans la lutte contre le réchauffement climatique.
 
On le voit, en diplomatie, la « rupture » sarkozyste est réelle. Elle est d'autant plus remarquable qu'elle ménage une dose nécessaire de continuité.

Pierre Rousselin pour Le Figaro

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marc d HERE 02/06/2008 13:34

Le président français Nicolas Sarkozy est attendu au Liban samedi pour une visite de 24 heures au cours de laquelle il s'entretiendra avec le nouveau chef de l'Etat libanais, Michel Sleimane.La visite de M. Sarkozy sera la première d'un chef d'Etat occidental depuis l'élection le 25 mai par le Parlement du président Sleimane à la faveur d'un accord interlibanais parrainé par le Qatar pour mettre fin à dix-huit mois de crise politique.Le président français s'entretienda avec son homologue et rencontrera le premier ministre Fouad Siniora et le président du Parlement libanais, Nabih Berri, autour d'un déjeuner offert en son honneur par le président libanais.Durant sa courte visite, M. Sarkozy inspectera le contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) stationnée dans le sud du Liban.Source : AFP

marc d Here 25/03/2008 16:27

Nicolas Sarkozy a invoqué mardi le sens des responsabilités des autorités chinoises à propos du Tibet et n'a écarté aucune éventualité quant à un boycottage de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août prochain.
 
"Il faut que nos amis chinois comprennent la préoccupation mondiale qu'il y a à propos de la question du Tibet. J'adapterai ma réponse aux évolutions qui auront lieu, je l'espère le plus rapidement possible", a déclaré le chef de l'Etat français en marge d'une visite à Tarbes, au pied des Pyrénées.source Reuters

marc d Here 28/02/2008 11:36

S'il y a un sujet diplomatico-stratégique auquel une politique de rupture devait s'attaquer, c'est bien celui des relations entre la France et l'Afrique. Le candidat Nicolas Sarkozy s'y était engagé durant la campagne, mais le mouvement n'était jusque-là guère perceptible. Le président va saisir l'occasion de sa visite en Afrique du Sud, aujourd'hui, pour annoncer une refonte du dispositif militaire français sur le continent noir.Le Figaro.fravec AFP

marc d Here 28/02/2008 08:15

Nicolas Sarkozy a obtenu mercredi l'accord du président tchadien Idriss Déby pour la création d'une commission d'enquête internationale sur la disparition de deux opposants politiques et plaidé pour une reprise du dialogue inter-tchadien."Le Tchad a un gouvernement légitime", a déclaré le président français pendant une brève visite à N'Djamena. "Mais ce n'est pas parce que c'est un gouvernement légitime qu'il peut se permettre n'importe quoi", a-t-il dit lors d'une rencontre avec la communauté française.Le Monde.fr

marc d Here 15/02/2008 19:55

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner se rend ce week-end en Israël et dans les territoires palestiniens pour une visite de deux jours au cours de laquelle il rencontrera le Premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas.Le ministre français, sur place samedi et dimanche, renouvellera sa demande de voir les deux parties faire progresser le processus de paix, notamment grâce à "des avancées concrètes".Source AFP