Bernard Kouchner évoque un espace d'espérance au Liban

Publié le par Mouna Naïm pour Le Monde

par Mouna Naïm pour Le Monde....

Malgré les "grandes difficultés" qu'il a rencontrées lors de son séjour de 48 heures à Beyrouth, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, ne jette pas l'éponge. Lors d'une conférence de presse, dimanche 29 juillet, à l'issue de sa visite, il a annoncé qu'il reviendrait au Liban "avant la fin du mois d'août" pour continuer sa mission qui vise à amener les parties en conflit à trouver une solution à la crise.

 

 
M. Kouchner envisage aussi d'organiser une "autre rencontre (interlibanaise) à Paris" à l'image de celle qu'il a réunie les 14 et 15 juillet à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines) au niveau des "lieutenants" des hauts responsables de la majorité et de l'opposition. Il n'a toutefois pas précisé à quel niveau se tiendrait la réunion qu'il projette. Sa visite, la deuxième depuis sa prise de fonction, n'était, selon ses propres termes, "qu'une étape". "N'attendez pas de moi une solution du problème libanais. Cela viendra", a-t-il ajouté.

L'organisation de l'élection présidentielle, "selon le calendrier et à la date prévue par la Constitution" - entre le 24 septembre et le 23 novembre - est le principal souci du ministre qui redoute un retour à "la guerre civile" si cette échéance n'est pas respectée. Il a justifié ses craintes par le fait que "quand une crise démarre au Liban, on ne sait jamais comment cela peut s'arrêter" et parce que "c'est ce que veulent d'autres pays qui ont instrumentalisé le Liban".

"Nous savons qu'une très grande partie du destin des Libanais se joue à l'extérieur du pays, (...) en particulier en Syrie et en Iran (...) mais il y a une petite marge essentielle de manoeuvre irréductible" pour une entente interlibanaise, a dit M. Kouchner. Il s'est félicité d'avoir réussi à réunir, dimanche, les dirigeants des principales forces politiques - hormis deux des principales personnalités de l'opposition, le président du Parlement et chef du mouvement Amal Nabih Berri, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, (opposition), ainsi que le premier ministre Fouad Siniora. Tous trois avaient délégué des représentants.

 

"UN ESPACE D'ESPÉRANCE"

 

Ce déjeuner est la première rencontre à ce niveau entre les protagonistes libanais depuis au moins huit mois. M. Kouchner n'a toutefois pas réussi à aplanir leurs divergences. Pour la majorité, l'entente doit porter simultanément sur l'élection présidentielle et la formation d'un gouvernement d'union nationale. L'opposition exige d'abord et avant tout la formation d'un tel gouvernement.

Il a annoncé qu'un collectif transcommunautaire de représentants de la société civile, qu'il a rencontrés, a décidé de lancer un mouvement, "Khalas" (Assez !), qui "donnera la température de la société civile" et sera "une voix qui dit qu'on peut s'en sortir". "C'est cela qui laisse un espace d'espérance", a-t-il estimé.

Avant de prendre l'avion pour le Caire, M. Kouchner a eu un bref entretien à l'aéroport avec son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, qui venait d'arriver à Beyrouth. Le chef de la diplomatie française devait s'entretenir au Caire avec ses homologues égyptien et saoudien, ainsi qu'avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

Mouna Naïm
Article paru dans l'édition du 31.07.07.

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Catherine Pauchet 31/07/2007 11:12

Depuis un an, le Liban est au bord de la guerre civile. La faute à qui ? A l'Etat d'Israël et à Ehud Olmert qui ont lancé une opération militaire mal préparée et dont les conséquences n'ont pas été pesées. Il y aura la paix au Proche Orient le jour où Israël acceptera la présence de ses voisins, en premier lieu celle des palestiniens lesquels vivent dans un patrie coupée en deux.