Eric Besson lance le groupe de réflexion Les-Progressistes.fr

Publié le par Eric Besson interview du Monde

Interview d’Eric Besson, Secrétaire d’Etat en charge de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques pour le Monde 21 juillet 2007



Ayant rallié Nicolas Sarkozy dès la campagne présidentielle, vous avez été parmi les premières personnalités de gauche nommées au gouvernement au titre de l’ouverture. Quelle initiative entendez-vous prendre désormais ?

Nous lançons aujourd’hui un groupe de réflexion, intitulé les Progressistes. Clairement engagé dans l’action politique, en soutien à l’action du président de la République et du Premier Ministre, ce cercle a vocation à rassembler des femmes et des hommes qui ont eu jusque-là un engagement à gauche, et qui ont envie de participer au mouvement de réforme qui s’est créé dans la foulée de l’élection présidentielle.
J’avais reproché au Parti socialiste d’être devenu un parti du statu quo, qui refuse d’assumer son réformisme car le réel trouble sa grille de lecture. Nous nous adressons désormais à ceux qui se disent que Nicolas Sarkozy incarne aujourd’hui des valeurs, une ambition  et une soif d’action que nous étions aller chercher à gauche.


Quelles seront les marges de manœuvre politiques de ce cercle de réflexion?

En entrant au gouvernement, j’ai dit que je connaissais les règles de la solidarité gouvernementale. Les Progressistes n’auront pas vocation à commenter l’actualité politique la plus brûlante, ni les projets de loi en cours de discussion. L’idée est de disposer d’un lieu de débat pour parler de la situation du pays et des réformes nécessaires, sur des sujets qui viendront en discussion dans les mois ou les années qui viennent.*


Par exemple?

Il nous faut retravailler le lien entre progrès technique et progrès social. C’est pourquoi j’ai demandé à Claude Allègre d’intervenir lors de notre premier débat, qui aura lieu en septembre. De façon plus générale, je souhaite que nous nous penchions sur plusieurs sujets sur lesquels la gauche est enfermée dans une impasse, comme la mondialisation, ou la responsabilité des individus. Nos travaux permettront d’expliquer pourquoi des personnes historiquement engagées à gauche se retrouvent dans l’ouverture de ce quinquennat.


Quel bilan faites-vous de cette ouverture?

Nicolas Sarkozy m’avait décrit sa conception de l’ouverture la veille du 1er tour des élections présidentielles. Je note déjà qu’il a fait ce qu’il m’avait décrit. L’ouverture s’est faite non seulement à des personnes mais aussi à des idées: ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il déjà eu l’occasion d’affirmer lors de rencontres avec ses homologues européens que la concurrence est un outil et non pas une fin en soi, ou encore que les politiques peuvent s’intéresser à la politique de change.


La tonalité dominante du «bouclier fiscal» n’est pas vraiment de gauche...

La gauche n’aurait effectivement pas porté ce projet mais ce dernier traduit la cohérence de la pensée du Président de la République qui veut que la France retrouve toute sa compétitivité et son attractivité. Par ailleurs, je ne dis pas que Nicolas Sarkozy est devenu un homme de gauche. Mais comme il se moque de savoir si telle ou telle mesure est estampillée à droite, à gauche ou au centre, on peut discuter de solutions potentielles sans tabou, ce que ne s’autorise pas la gauche. Il y a chez le Président un très grand pragmatisme que l’on retrouve dans les discussions que l’on peut avoir avec lui. Au demeurant, je ne sais plus, sur un certain nombre de sujets, si le clivage droite-gauche est vraiment opérant.



Que pensez-vous des réactions qu’a suscitées, au PS, la participation de Jack Lang au comité de réforme des institutions?

La logique de stigmatisation, de sanction et d’exclusion dans laquelle est entré le PS est contre-productive. Pour ce qui me concerne, je note que ce que j’avais dit pendant la campagne de Ségolène Royal est devenu aujourd'hui d’une grande banalité. Mais je ne veux plus polémiquer ou donner le sentiment de m’acharner. Place désormais à l’action, à la réforme … et aux résultats.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon
Le Monde daté du 21 juillet 2007

Texte saisi sur le site des Progressistes     http://www.les-progressistes.fr


Publié dans Vie politique

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marc d HERE 03/08/2007 10:07

Beaucoup de bonnes choses sont nées de 1968....C'est un des points sur lesquels nous ne partageons pas totalement la vision de Nicolas Sarkozy.......Quand à nos désirs nous faisons tout , et la création des Progressistes y participe, pour qu'ils deviennent réalité

deslilas 03/08/2007 09:25

Irrésistibles "progressistes" !1968 n'a pas fini de vous poursuivre."Prenons nos désirs pour la réalité".

marc d HERE 01/08/2007 12:56

Comme le titre aujourd'hui Le Monde, journal pas spécialement favorable à la majorité: Le chômage n'a jamais été aussi bas depuis 25 ans...On pourrait ajouter que cette baisse va sans doute s'amplifier...quelque soit la relative incertitude sur les chiffres exacts..... Ces excellents résultats ne manqueront pas d'avoir des répercussions positives sur le pouvoir d'achat, la consommation, les rentrées fiscales et surtout.....la confiance, m^re de la croissance.Le choix de certains d'entre nous de soutenir la politique de Sarkozy et la majorité présidentielle s'en trouve conforté....