Exemplarité et méthode, deux conditions pour réussir

Publié le par Jean Kaspar

Par Jean Kaspar


Reçu ce texte avec la « lettre de Jean Kaspar
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Le Président de la République et le nouveau gouvernement ont clairement montré leur volonté de s’attaquer résolument à un certain nombre de questions avec pour objectif d’engager le pays dans des réformes longtemps différées. Tout citoyen soucieux de voir notre pays s’adapter à un monde en pleine mutation, ne peut que se réjouir de ce volontarisme.

Cela dit, la nouvelle majorité doit prendre conscience que l’on ne réforme pas à la hussarde, encore moins sans accorder une importance capitale à la méthode et l’exigence d’exemplarité.

L’exemplarité d’abord. Elle est indispensable pour que les changements que l’on veut opérer soient perçus positivement et acceptés. Ainsi, s’agissant, par exemple, de la réforme des régimes spéciaux des retraites, les parlementaires seraient bien inspirés, avant de stigmatiser tel ou tel régime particulier,  de s’attaquer à leur système de retraite pour le rendre plus conforme aux règles qui s’appliquent à la très grande majorité de la population.  Le devoir d’exemplarité s’impose en effet à ceux qui impulsent les réformes et encore plus à ceux qui les décident. Cela renforcerait en tous cas leur crédibilité.

S’agissant de la méthode, il ne faudrait pas que la fringale de réformes ou la volonté de vouloir afficher trop rapidement la mise en œuvre des engagements électoraux, court-circuite les acteurs économiques et sociaux.

Tracer un cadre, fixer des échéances, savoir les adapter pour donner du temps aux acteurs concernés pour leur permettre d’aller au bout de leur négociation,  est indispensable pour que l’esprit de réforme se diffuse et s’ancre définitivement dans les pratiques politiques et sociales.

Le pays a certes besoin d’une forte impulsion mais surtout d’une pédagogie de la méthode impliquant tous les acteurs dans une démarche mobilisatrice.

 

Jean Kaspar

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Publié dans Vie politique

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marc d HERE 17/07/2007 14:52

L' ouverture se poursuit...Le comité de réflexion sur les institutions comprendra treize "sages" et sera présidé par l'ancien premier ministre Edouard Balladur, avec l'ancien ministre socialiste Jack Lang et l'ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud comme vice-présidents, selon le Monde daté de mercredi. (Avec AFP)

marc d HERE 14/07/2007 11:53

Plus de sept Français sur dix (71%) sont favorables à "une limitation du droit de grève pour instaurer un service minimum dans les transports publics", selon un sondage IFOP pour "Dimanche Ouest-France". Selon cette étude, 29% des sondés sont "plutôt" ou "très" défavorables à cette mesure que le Sénat doit examiner à partir de mardi. Dans le détail, 82% des Français sont favorables à l'organisation d'un vote à bulletin secret après huit jours de grève et 58% soutiennent l'obligation de se déclarer 48h avant pour les salariés qui ont l'intention de faire grève.(Avec AFP).

marc d HERE 09/07/2007 22:37

"C'est en nous donnant des objectifs chiffrés et des obligations de résultat que nous nous mobiliserons suffisamment pour réduire réellement la pauvreté", a estimé Nicolas Sarkozy lundi dans une lettre de mission adressée à Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et ancien responsable de l'association Emmaüs France.  Après avoir souligné que "7 millions de personnes vivent en France sous le seuil de pauvreté, dont deux millions d'enfants", le chef de l’Etat a précisé : "Nous pensons que l'objectif de réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays doit être l'objectif du gouvernement". (Avec AFP)Se donner des objectifs chiffrés.....Une bonne méthode aussi...

JAULIN 05/07/2007 14:40

Je suis d'accord au moins avec un point : celui de l'exemplarité. Encore faudrait-il mettre également au point un statut de l'élu, pour éviter les dérives actuelles et de ne trouver au Parlement ou dans les conseils municipaux et autres assemblées que des profs, des fonctionnaires et certaines professions libérales...Le fonctionnement des centrales syndicales, avec des effectifs parfois pléthoriques, est-il lui exemplaire...? Ce n'est qu'une question... Je n'ai pas la réponse. Pour le reste, je pense, comme Keynes, que "quand tout aura été dit et fait, il en aura été plus dit que fait..."Il existe des dizaines (centaines?) de rapports qui nous disent ce qu'il faut faire, comment il faut le faire. Alors oui au dialogue et à la négociation (à condition de vouloir dialoguer), oui à la concertation, à la démocratie participative.... Et à un moment, il faut décider, trancher et parfois, cela ne va pas dans le sens de ce que voudraient certains... C'est comme ça la démocratie. Sinon, il faut se résoudre à regarder les trains de la modernisation de l'Etat et de la relance économique passer sans pouvoir monter dedans. C'est ce que fait la France depuis au moins 25 ans. On peut continuer comme ça encore quelques années mais tout a une fin...Gérard Jaulin

marc d HERE 05/07/2007 14:15

Oui bien sûr Jean Kaspar a raison, en grande partie....Mais la situation française, l'attitude des forces syndicales ne facilite pas, reconnaissons le, cette nécessaire concertation....On ne peut manquer de constater que devant des propositions de réformes, voulues  par les Français et largement jugées nécessaires, comme l'Université ou le service minimum, les syndicats adoptent une attitude de refus quasi systématique voire de menaces!......Le syndicalisme français n'est pas le syndicalisme des pays anglo saxons, et la concertation avec eux s'avère difficile, car pour eux, concertation signifie le plus souvent que le gouvernement  ne doit  décider que ce qu'ils veulent, sans quoi appel sera fait à la rue...... Même la CFDT (qui me semble moins ouverte que durant  la période d' Edmond Maire, de Jean Kaspar ou de Nicole Notat!) n'a plus vraiment le courage d'adopter des positions responsables, de faire des concessions (que signifie la concertation quand un camp refuse toute concession?)  au risque  de s'opposer à la CGT....Et malgré ces difficultés, le Président et le gouvernement ont sur le plan de la concertation sociale une attitude particulièrement ouverte et irréprochable.....