Le bon compromis de Bruxelles

Publié le par Alain Duhamel, Courrier de l'Ouest

Alain Duhamel, édito du Courrier de l’ouest du dimanche 24 juin….

 

Il a fallu batailler ferme, jusqu’à 4 heures et demi du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, mais ils y sont parvenus : les 27 se sont mis d’accord sur un traité réduit, mettant en place une mécanique institutionnelle enfin viable.

Il y aura donc une présidence stable de l’Union,  deux ans et demi renouvelables une fois (au lieu du stupide système de présidence tournante tous les six mois), gage d’efficacité ; un haut représentant de L’Union européenne, c'est-à-dire un ministre des Affaires étrangères sans le titre pour ne pas offusquer les Britanniques ; le vote à la double majorité (55% des Etats 65% de la population européenne), le point le plus crucial, applicable seulement en 2014 pour ne pas désespérer les Polonais ;l’extension des domaines où ce vote à la double majorité se substitue au vote à l’unanimité (celui-ci reste néanmoins en vigueur dans le vaste domaine fiscal, social, militaire et diplomatique ; une charte des droits fondamentaux en annexe mais avec valeur juridique, sauf pour la Grande Bretagne qui veut à tout prix demeurer une île. Au total, c’est nettement moins que la constitution européenne repoussée par la France et les Pays-bas, mais c’est clairement mieux que la situation actuelle.

L’Union européenne peut de nouveau espérer engager des politiques communes. Ce bon compromis de Bruxelles est dû avant tout à l’autorité patiente d’Angela Merkel et à l’énergie pragmatique de Nicolas Sarkozy. La chancelière allemande préside l’Union européenne jusqu’au 30 juin. Elle a fait le meilleur usage d’une trop courte période, en équipe avec le président français pour remettre en route la lourde, trop lourde mécanique européenne. Alors que l’Allemagne avait adopté la constitution (comme 17 autres pays européens), elle a accepté d’y renoncer. Elle s’est montrée compréhensive vis-à-vis de l’éternel souverainisme britannique. Au bout du compte, c’est cependant la proposition Sarkozy qui a été globalement adoptée par les 27. En 2005, le refus de la France avait stoppé l’Europe. En 2007, la méthode française débloque la situation.

C’est donc aussi un succès personnel pour Nicolas Sarkozy, à l’occasion de son premier grand rendez-vous international. Le président français n’a pas ménagé sa peine, aussi bien pour convaincre chaque pays avant le sommet que durant celui-ci. Il a arraché l’assentiment polonais final et le feu clignotant britannique. Bien joué !

 

Alain Duhamel

Edito du Courrier de l’Ouest dimanche, 24 juin.   

Publié dans Europe

Commenter cet article

marc d HERE 21/10/2007 20:51

François Bayrou, invité du "Grand rendez-vous" Europe 1/TV5/Le Monde/Le Parisien, a expliqué qu'il voterait le traité simplifié sur les institutions européennes adopté vendredi à Lisbonne, tout en "regrettant" la présence de Nicolas Sarkozy au bureau politique de l'UMP qui se réunissait en même temps sur ce thème. "Je voterai ce traité, mais je considère qu'on a laissé en route des choses qui étaient essentielles pour l'avenir, l'idéal européen. Ne me demandez pas d'enthousiasme, je n'en ai pas", a déclaré le président du Modem. (Avec AFP).Evidemment Bayrou n'est pas satisfait,  il critique Sarkozy mais, surprise il votera le traité simplifié....car il ne pourra pas faire autrement, lui qui se prétend européen, son électorat n'aurait pas compris....Mais on sent que vraiment ça lui fait mal... 

bouquery 21/10/2007 08:46

Non à l'oubli du Non. C'est à Paris qu'il faut d'abord être européen. C'est dans l'Europe que se fondent le libéral et le social et que se construiront leurs progrés. L'ouverture c'est aussi la turgescence du Je français.  jmb

marc d HERE 20/10/2007 23:03

Les Vingt-Sept ont adopté au pas de charge, vendredi, à deux heures du matin, le traité qui remplace la défunte Constitution. A Lisbonne, la négociation finale, qui a débuté à 19 h 30, aura donc duré moins de sept heures, un record… «Nous l’avions imaginé, nous l’avions rêvé, hé bien, le voici réalisé», s’est réjoui Nicolas Sarkozy, vendredi en début d’après-midi, à l’issue du sommet. Le tout nouveau «traité de Lisbonne», sera signé dans la capitale portugaise le 13 décembre et, a promis le chef de l’Etat, ratifié dans la foulée par le Parlement français avant la fin décembre pour entrer en vigueur le 1er janvier 2009. «Après avoir bloqué la Constitution [en mai 2005, ndlr], je ne vois que des avantages à ce que la France montre l’exemple», a-t-il souligné. Sarkozy a, de nouveau, exclu tout référendum sur ce texte comme il s’y était engagé durant la campagne présidentielle.Le traité de Lisbonne ressemble presque trait pour trait à la défunte Constitution. (Libération.fr)

marc d HERE 19/10/2007 08:09

Lisbonne : accord pour un nouveau traité de l'UELes dirigeants européens ont approuvé vers 01h du matin vendredi à Lisbonne le nouveau traité remplaçant la Constitution, qui doit permettre à l'UE de mieux fonctionner à 27 pays, après avoir levé les réserves de la Pologne et de l'Italie, a annoncé la présidence de l'UE. Les deux derniers obstacles qui demeuraient avec la Pologne, concernant les votes au sein de l'UE, et l'Italie sur le nombre d'eurodéputés qui doit lui être alloués, ont pu être levés dans la soirée.(Avec AFP)Une belle réussite pour Nicolas Sarkozy, n'endéplaie aux opposants systématiques...et une belle victoire pour l'Europe 

marc d HERE 18/10/2007 23:21

es dirigeants des 27 pays de l'Union européenne se sont retrouvés à Lisbonne, jeudi 18 octobre, afin de tenter d'obtenir un accord politique sur un nouveau traité, censé remplacer la défunte Constitution européenne. Si, de l'avis général, les négociations s'annoncent compliquées, notamment en raison de désaccords avec la Pologne et l'Italie, un certain optimisme régnait néanmoins. (Le Monde.fr)Il semble que la deuxième étape soit sur le point d'être franchie.....Restera la ratification (par voie parlementaire) et l'Europe pourra à nouveau poursuivre sa marche en avant.....Le NON Français sera enfin oublié...