Sarkozy, anti Européen?

Publié le par Guillaume Fabre

Nicolas Sarkozy vient de convaincre Angela Merkel de modifier les objectifs du nouveau Traité afin que l’objectif du marché intérieur ne soit plus suivi par l’expression "où la concurrence est libre et non faussée". Il s'élève certainement en particulier contre une interprétation de la Cour de justice des communautés européennes des objectifs du Traité qui impose aux États Membres de ne pas atteindre à la concurrence libre (en particulier lors des privatisations et dans le cadre des aides d'état). Voir http://www.ft.com/cms/s/59c2bac4-2048-11dc-9eb1-000b5df10621.html ou http://www.ft.com/cms/s/8f4a5126-2033-11dc-9eb1-000b5df10621,dwp_uuid=af8307da-1822-11dc-b736-000b5df10621.html

Ainsi, Sarkozy, après une belle campagne sur le libéralisme, rappelle ses penchants dirigistes (cf. Alstom). S'il était pour un dirigisme à l'échelle européenne, je pourrais à la rigueur tenter de me convaincre du bien fondé de sa démarche. Néanmoins, en l'état, il est clair qu'il souhaite poursuivre sa politique de promotion des champions nationaux. Airbus rencontre de sérieux problèmes ? C'est la BCE ! On veut s'endetter encore plus ? Sarkozy va aller « s'occuper » des ministres des finances à Luxembourg. La Poste veut utiliser son monopole en France comme levier pour entrer brutalement sur les marchés postaux libéralisés depuis longtemps, quitte à exclure du marché quelques entreprises néerlandaises et anglaises (http://professorgeradin.blogs.com/professor_geradins_weblog/2007/06/the_antiedf_cla.html) ? Pas de problème, Sarkozy veille au gain et impose à ses partenaires de modifier le traité ! (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-926374@51-866290,0.html).

Sa politique court-circuite tout débat d'idée en France sur l'avenir de l'Europe (refus de tenir un référendum) et compromet ainsi la réconciliation des citoyens avec l'UE. Le voilà maintenant qui remet en cause les objectifs fondamentaux de la Communauté pour servir des intérêts franco-français...


Il ne reste plus qu'à espérer qu'anglais et néerlandais (entre autres) sauveront la libre concurrence au sein du marché intérieur en refusant cette amputation.

 

Guillaume Fabre

 

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marc d Here 15/04/2008 22:56

C'est drôle....

antisarkozyste 15/04/2008 22:19

j'ai trouvé cette pétition pour la déstitution de sarko, j'ai signé et je vous invite a signé www.antisarkozysme.com

Daumont Jean 25/06/2007 15:00

   Ne trouvez-vous pas que votre réponse me traitant "d'anti-anglicisme primaire" (et viscéral ?...) est un peu courte ?...Je maintiens que l'attitude de l'Angleterre vis-à-vis de "l'Europe" a toujours été "marginale" et donc "non exemplaire"... Ce n'est que l'histoire séculairement répétée de "l'ïle" entre le "grand large" et le "continent"... Ceci dit, même si les français ont largement contribué au développement de l'Europe" (Monnet, Schuman, Delors...) - en tout état de cause beaucoup plus que les anglais - ils sont loin d'avoir été eux-mêmes toujours "exemplaires", le refus du Traité Constitutionnel ayant été le dernier avatar... Il n'en est pas moins vrai que, dans l'immédiat, Sarkozy avec Angéla Markel a tout de même fait "quelquechose" - même si c'est fort imparfait - là où aucun pays n'avait rien fait depuis deux ans-  et alors qu'il est considéré comme l'apôtre (condamnable ?...) de l'identité nationale...

Guillaume fabre 24/06/2007 18:14

Cher Monsieur,Je reconnais bien là l'anti anglicisme primaire si franco-français. La blanche albionde est un bouc émissaire facile dès lors que le nationalisme anglais concurrence rudement celui des français. Dois-jerappeler l'échec de la CED et la politique de De Gaulle qui a provoqué une période d'eurosclérose du milieu des années 60 jusqu'au début des années 80? Lord Cockfield, le père de Maastricht, l'inventeur de schengen, serait sans doute ravi de lire votre prose. Enfin, pensez à jeter un oeil aux statistiques de la Commission européenne sur l'application du droit communautaire pour constater que la France respecte beaucoup moins le droit communautaire que le Royaume Uni (http://ec.europa.eu/community_law/eulaw/pdf/XXIII_rapport_annuel/23_rapport_annuel_fr.htm)L'attachement profond des français à l'Europe m'a toujours semblé un mythe, et la facilité avec laquelle Nicolas Sarkozy a piétiné un des outils fondamentaux de la Communauté pour forcer l'intégration ne fait que me conforter dans mes convictions. N'en déplaise à ceux qui ne voit dans cette amputation qu'un détail juridique...

Daumont Jean 24/06/2007 16:42

 Chacun est libre de ses opinions, mais il y a tout de même un paradoxe à présenter Sarkozy comme "anti-européen", au mépris de l'histoire de l'Europe depuis le Traité de Rome de 1957.   A cette époque, il y  avait une "volonté"  de regroupement des pays de l'Europe (alors seulement "occidentale"), à laquelle s'opposait l'Angleterre, toujours soucieuse du "grand large", et cherchant à animer avec les pays scandinaves une "zone de libre-échange"... De Gaulle élude non sans raison l'entrée de l'Angleterre dans la CEE à sa conférence de presse du 14 jenvier 1963... et il faudra attendre le référendum de Pompidou en 1972 avec environ 11 millions de oui , 5 millions de non et ...11 millions d'anstentions pour qu'elle y entre avec le Danemark et l'Irlande...   Et maintenant, il faudrait croire que l'Angleterre serait exemplaire à vouloir défendre le libre-échange au sein de la Communauté !... Elle n'y défend une fois de plus que ses intérêts, et tout ce qui est supra-national continue à lui "donner des boutons" (ex : le ministre des affaires étrangères)... En fait, l'esprit communautaire, notamment à cause de l'Angleterre (le loup dans la bergerie), n'a cessé de reculer devant les "nationalismes", chaque pays ,à fortiori à l'occasion de "l'élargissement" à l'Europe de l'est , cherchant  surtout à satisfaire ses propres intérêts (ex: la Pologne en pleine dérive nationaliste-populiste)   Et Sarkozy, en l'occurrence, en 2007 - soit un demi-siècle après le Traité de Rome - ne fait que contribuer largement à sauver ce qui peut l'être encore de "l'Europe", tout en corrigeant l'effet négatif du refus du référendum par la France (dont il n'était pas responsable...) . Et il a déjà annoncé que ce n'est qu'un début...  Ceci dit, il défend les intérêts français, et alors ...que font les autres pays ?... Sarkozy, anti-européen ?... A d'autres !...