Le PS à l'heure de la rénovation culturelle

Publié le par Jean-Marie Bockel, dans La Tribune

En préférant une alternance de droite, les Français tendent au Parti Socialiste le miroir de ses insuffisances. L’heure d’une gauche nouvelle est venue. Une gauche capable de rompre avec le tout Etat, avec la culture de la dépense et de la redistribution irresponsable. Une gauche qui propose une synthèse entre le réalisme économique, la sincérité budgétaire et l’ambition sociale, le volontarisme public. Une synthèse entre les libertés et les solidarités.

Cette dynamique de rénovation doit s’amplifier. Nous voici enfin contraints de procéder, en amont du pouvoir, à notre aggiornamento idéologique. Demain nous ne nous gouvernerons plus à rebours de nos discours, nous ferons ce que nous aurons dit.

Pour prendre le pouvoir efficacement et gouverner durablement, nous avons désormais besoin d’une ligne claire. Nous avons pu mesurer à quel point les synthèses tièdes et les ambiguïtés doctrinales ont pu nuire à la crédibilité de notre projet.

Pourtant l’esquisse d’un socialisme en prise sur le monde d’aujourd’hui était là. Notre candidate en a d’ailleurs développé, dans l’urgence, les traits saillants : alliance entre l’efficacité économique et le progrès social, mise en mouvement de la société et des territoires, nouvelle démocratie sociale et politique, échange des droits et des devoirs.

Mais des scories, vestiges de conceptions rigides, entravent encore notre réformisme résolu. L’heure est venue de trancher.

Il est temps de promouvoir, sans faux-semblants, une économie de marché solidaire, fondée sur une croissance durable et innovante, sur la vitalité d’entreprises responsabilisées, sur une politique de l’emploi conciliant fluidité et sécurité, sur de fortes incitations favorables à l’augmentation des salaires et à la résorption de la précarité.

Reconnaissons qu’il n’y a pas de redistribution possible sans une politique de l’offre et une fiscalité responsable. La croissance ne se décrète pas à travers la seule relance du pouvoir d’achat et la hausse des recettes est toujours plus incertaine que la diminution des dépenses. Nous ne pouvons pas financer par la dette de fausses avancées sociales.

Osons dire que les 35 heures ne sont souhaitables que lorsqu’elles sont possibles, c’est-à-dire adaptées à la réalité des entreprises et des branches, lorsqu’elles sont issues d’un accord négocié, et qu’elles ne s’accompagnent pas d’un gel des revenus ou d’une trop grande pénibilité. Plutôt que défendre une extension rigide, privilégions le temps choisi tout en favorisant l’augmentation des bas salaires et l’amélioration des conditions de travail des salariés les plus exposés.

Assumons ensuite la nécessité de la réforme de l’Etat : mieux délimité et plus souple, l’Etat sera plus fort. Nous devons le responsabiliser et l’évaluer pour mieux garantir et rénover les services publics. Soyons clairement décentralisateurs, afin d’améliorer l’action publique en rapprochant et responsabilisant acteurs et usagers.

Cessons aussi d’établir l’équivalence absolue entre service public, propriété publique et monopole. Sans dogmatisme aucun nous devons envisager la possibilité (ou non) de déléguer les missions de service public et d’ouvrir des services à la concurrence en fonction de l’intérêt conjugué des clients et des salariés.

Les Français attendent enfin la vérité concernant la réforme des retraites : face aux évolutions démographiques, l’allongement de la durée de cotisation (ou l’augmentation des versements) est inéluctable. Plutôt que de défendre un improbable droit uniforme à la retraite dès 60 ans, travaillons à la construction, avec les partenaires sociaux, d’une retraite à la carte, toujours fondée sur la solidarité. Modulons pour cela la durée de cotisation et le taux de remplacemment en fonction de la pénibilité du travail, de l’espérance de vie et des situations familiales. Les Français attendent aussi la justice: la plupart les régimes spéciaux doivent être, pour les nouveaux entrants, réformés et alignés sur le droit commun.

La crédibilité politique est aux prix de ces audaces qui sont déjà des évidences pour de nombreuses gauches européennes.

Nous avons laissé la droite s’emparer de valeurs et propositions qui incarnaient pourtant nos objectifs d’efficacité, de responsabilité et de justice.

Nous avons en un sens gagné la bataille des idées pour mieux perdre celle des hommes.

A nous désormais de porter sans tabous un projet d’avenir et de retrouver la confiance des Français.

Jean-Marie BOCKEL

Ancien Ministre, Maire de Mulhouse, Sénateur du Haut-Rhin

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Jean-Marie Bockel

Publié dans Vie politique

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marc d HERE 24/06/2007 18:52

Suite des aventures de Ségolène Royal:Ségolène Royal a vivement critiqué l'AFP, dans une interview dimanche à Canal Plus, pour avoir annoncé le 17 juin au soir sa séparation avec François Hollande et son intention de briguer la présidence du Parti socialiste."Ce n'est pas aux médias de choisir la date et la forme d'une annonce de ce type", a déclaré Mme Royal qui a mis en cause l'impartialité de l'AFP et l'accuse de lui avoir "attribué de façon mensongère une déclaration, en plus le soir des élections législatives"......Elle a vraiment des problèmes avec la liberté de l'information! ....Heureusement qu'elle n'a pas le pouvoir!

marc d HERE 23/06/2007 10:35

Ségolène Royal, ex-candidate du PS à l'élection présidentielle de 2007, ne participera pas à la réunion du Conseil national de son parti organisée aujourd'hui pour tirer les leçons des élections présidentielle et législatives, a-t-on appris auprès de son entourage.(Avec AFP).Aurait-elle peur de ne pas se faire "acclamer".....après ses déclarations (dont il faudra toujours se souvenir....)....Pauvre PS! 

Marc d HERE 20/06/2007 00:12

Continuons sur les déclarations de Hollande....Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré mardi que Jean-Marie Bockel, qui entre au gouvernement de François Fillon, "s'est mis de fait hors du PS"."Il s'est mis de fait hors du PS, il n'y a pas de procédure d'exclusion, c'est comme pour Bernard Kouchner", devenu ministre des Affaires étrangères, à déclaré M. Hollande, interrogé sur une éventuelle exclusion du PS.Cela me semble bien hypocrite et peu net.....Il n'y aura pas d'exclusion de Kouchner et Bockel, qui se sont mis hors du parti en entrant dans le gouvernement de Sarkozy....Ce qui laisse supposer que lorsqu'ils en sortironr -tout a une fin- ils pourront réintégrer le parti......?

Marc d HERE 18/06/2007 17:25

Le premier secrétaire du PS François Hollande affirme dans un entretien au Monde daté de mardi que l'ambition de son parti doit être "de fédérer en une seule force l'ensemble de la gauche". Selon lui, il faut "trouver la bonne stratégie permettant de fédérer en une seule force l'ensemble de la gauche et de régler une fois pour toutes la question du rapport avec les électeurs du centre". Il préconise "un grand parti qui irait de la gauche jusqu'au centre". Le numéro un socialiste avait déjà fait cette proposition au lendemain de la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle.(Avec AFP).On se demande bien sur quelles valeurs, quelles idées, quels objectifs de réformes....se ferait ce "rassemblement".....Mais après tout ce n'est peut-être pas ce qui préoccupe Hollande.... 

marc d HERE 15/06/2007 13:12

Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon estime que la gauche du Parti socialiste "est de plus en plus un alibi pour ce parti"  et que "la question du divorce commence à être posée", imaginant un rapprochement avec les communistes pour construire "une force nouvelle"......Sur Le Monde.frEst-ce grave pour le PS?.....ou est ce un bien?