L'insoutenable légèreté de l'être

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Au festival de Cannes, les organisateurs ont programmé le film « La question humaine » qui développe la thèse de la filiation entre le libéralisme contemporain…et le nazisme. A en croire les commentaires savants de Libération, « le libéralisme contemporain est l'enfant, génétique et généalogique, du nazisme », soulignant « l'éloignement historique entre la cause (le génocide) et ses effets (le libéralisme) » [1]. Il fallait y penser mais ce n’est guère surprenant dans un pays où l’on ramène toutes les horreurs au libéralisme.

Pourtant, comment peut-on établir la moindre comparaison entre l’idéologie nationale-socialiste porteuse des pires abominations à force de vouloir faire de l’Etat, incarné par un commandant suprême – le führer en Allemagne ou le Duce en Italie – l’organe central de l’organisation de toute la société, et la philosophie de la liberté dont le principe fondamental est la séparation des pouvoirs en vue précisément de protéger la société civile de l’Etat et de ses égarements ? Certains créateurs succombent facilement à la pensée la plus médiocre lorsqu’ils exploitent la compassion, confondant la réflexion intellectuelle avec la caricature cinématographique. Telle est l’exception culturelle française : chaque année, on n’échappe pas à la grosse « cannerie »… Heureusement, le film n’aura pas retenu l’attention du jury.

A Marseille, des enseignants déprogramment les chansons de Faudel et Enrico Macias prévues à l’occasion d’une fête officielle de l’école sous prétexte que ces artistes se sont affichés avec le candidat Sarkozy devenu aujourd’hui le Président de la République Française. Ces mêmes enseignants n’avaient pas manqué d’exprimer leur indignation lorsque des municipalités lepénistes (à Orange ou Vitrolles) avaient voulu faire le ménage dans certaines bibliothèques municipales. L’on pourrait hélas multiplier les exemples d’indignation à deux vitesses à volonté[1]

Si la tête du pays a changé, suscitant un formidable espoir, sa base administrative et son infrastructure institutionnelle (syndicats, médias, éducation) restent imprégnées par la pire dialectique anti-libérale alors même que les représentants politiques anti-libéraux ont été pourtant sévèrement sanctionnés par les urnes. On ne fera pas disparaître d’un coup de baguette magique trente années d’entrisme et de copinage qui ont permis à la gauche la plus sectaire de prendre les positions clés de la société civile, conformément aux enseignements de Lénine et de Gramsci. Les gouvernements de droite n’ont jamais osé pratiquer la chasse aux sorcières initiée par François Mitterrand ; aussi ont-ils dû s’accommoder d’un système qui les empêchait ouvertement de gouverner. Un gouvernement d’ouverture pourra-t-il contourner ce blocage structurel ? Une ouverture est-elle jouable avec ceux qui ont l’intention de vous empêcher de gouverner ?[1]

 L’Etat central n’a pas la moindre idée de ce qui se passe à la base. Alors que le ministre de l’éducation parle de restaurer le vouvoiement dans les classes, la plupart des enseignants dénigre la droite durant leur cours tandis que les programmes officiels d’histoire ou d’économie présentent les partis de gauche comme des partis progressistes moteur de l’histoire et du progrès et les partis de droite comme des partis archaïques et conservateurs qui n’arrivent au pouvoir qu’en flattant les extrêmes.

A l’université, les carrières sont gouvernées par les centrales syndicales au point que l’université est devenue un lieu de conformisme au lieu d’être une pépinière d’originaux et d’aventuriers. La recherche se passe désormais ailleurs et seule une véritable autonomie de nos universités est de nature à nous libérer de ce carcan qui explique une grande partie de nos retards en matière de recherche et de valorisation de la recherche (brevet, innovation).

Pourquoi croyez-vous que les syndicats s’opposent à cette autonomie légitimement revendiquée ? Pour la même raison qu’ils défendent le monopole de la sécurité sociale ou qu’ils imposent la négociation collective comme le cadre obligé des relations entre employeurs et employés dans toutes les entreprises de France.

 Les leaders de la CGT ou de FO se disent rassurés. Devons-nous comprendre que les carcans seront maintenus au risque de vivre les mêmes déceptions ? Les électeurs n’ont-ils pas envoyés un autre message ? Pendant des années, les taux d’abstention élevé ont suscité des inquiétudes au point que certains responsables politiques, à l’instar de Fabius, préconisaient de rendre obligatoire le vote, transformant ainsi un droit en devoir. Mais les électeurs sont rationnels : comme des consommateurs qui se détournent des produits médiocres, ils ne votent plus s’ils estiment que cela ne change rien, constatant que le pouvoir est ailleurs ou que les blocages sont trop forts.

Pourtant, il s’est passé quelque chose de nouveau à l’occasion de ces élections. Les français ont voté massivement, exprimant un vote d’adhésion à un homme et son projet. Nicolas Sarkozy a demandé aux électeurs de lui faire confiance ; il n’a pas à demander aux syndicats l’autorisation de respecter ses promesses.

Le pays ne peut se payer le luxe d’une déception de plus. L’attente est trop forte, l’enjeu est trop grand.

 [1] O. Seguret, Libération du 19 mai 2007.

  Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/



Alors que je lisais un album de Tintin avec mes fils, j’ai pensé à la polémique farouche qui était née de la sortie de « Tintin au pays des Soviets », Hergé étant à l’époque accusé de faire de l’anticommunisme alors que « Tintin en Amérique », qui réduisait l’Amérique à Al Capone, n’avait suscité aucune passion. Il est toujours de bon ton de fustiger l’Amérique…

Publié dans Réflexion politique

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jlg 05/06/2007 23:06

eh ouion a las amis qu'on mérite et vice versaun jau de perdu, lin de retrouvéau moins arno et brigitte ont de la main d'oeuvre pour le deuxième tour

Marc d HERE 05/06/2007 22:21

Cher Jean-Marie, Reviens-nous vite, ton humour et tesanalyses, que je ne partageais qu'en partie nous manquera.....Ce blog t'aura au moins servi à te faire de nouveaux amis..........Bon courage! 

jlg 05/06/2007 22:09

Mon cher JMB, j'espère que tu reviendras une fois sur ce blog au moins pour noter jlg@jolegoff.fr afin qu'à quelques uns avec Yann par exemple nous puissions d'une manière ou d'une autre nous retrouver...premiers d'IES et cocufiés par des cocunonfiablesQuant aux petits opportunistes sans foi ni loi (Desproges aurait dit que dans conviction il y a aussi viction) justes bons à compter les euros et qui faute de mieux n'ont à la bouche qu'intégriste,queue basse, bobos etc...des mecs distingués, quoije veux parler du porte flingue caennais de d'h, il a toutes mes coordonnées, je veux bien rigoler de tout cela rien qu'en apercevant son ombres'il en a uneje me lâche mais ils sont trop ces gugussesils me rendent Sarko symphatiqueavec de tels amis il n'a pas besoin d'ennemisà+jmbamitié

bouquery 05/06/2007 16:49

merci jlg. Il me reste à m'éclipser. Interdit d'exhiber ma rocarde, repoussé aux enfers des mécréants, bientôt assimilé aux trotskos, certain de mal voter, dés hérité D'ies, je reviendrai voir à l'automne ce que les par le mentor pourront encore voter pour les entreprises et l'emploi durable aprés l'eucaristi du maissi avec les rentiers et les consommateurs. Je n'ose pas au MoDem, il serait si dangereux pour le pays qu'il ait plus d'1 député. Je n'ose plus penser. Il sera mal vu de s'interroger sur ce qui arrive parfois quand le pays légal diffère trop du pays réel. J'espère vraiment que Hirsch pourra dire et faire. Ciao        jm

JAULIN 05/06/2007 16:14

@ jlgMême si l'investiture de la candidate du modem sur Caen 1 n'est pas reconnue par certains "intégristes" du modem 14, il est qd même à noter que les 1,67€ par voix obtenue iront bien dans les caisses du modem... GJ