L'ouverture, qu'annonce Nicolas Sarkozy est nécessaire

Publié le par Catherine Pauchet

 

C’est une belle victoire.

 Près de dix-neuf millions de Français de droite, du centre, de gauche, tous unis dans un même élan national, ont voté la confiance à Nicolas Sarkozy. Son succès est un pari sur l’avenir. Nous sommes nombreux, visiblement, à souhaiter que les valeurs du travail et de l’effort reviennent à l’honneur, que le mérite de chacun, par delà son origine, soit reconnu, que l’autorité de l’État recouvre tout le territoire, que nos entrepreneurs s’imposent dans la compétition mondiale, que le respect des droits de l’homme devienne une ligne de conduite. Au nouveau Président de relever ces défis avec notre appui amical et critique.

 Les enquêtes présentées samedi dernier à la Fondation Jean Jaurès montraient que, pour bon nombre de nos compatriotes, y compris de gauche, le changement passait par Nicolas Sarkozy. Étonnement dans l’assistance. Pourtant, tous le savent, aucune réforme de fond (retraite, sécurité sociale, fiscalité) n’a marqué les années mitterrandiennes, devenues contre toute attente celles de l’argent roi et de la montée de l’individualisme. Quant au parti socialiste, il s’est cramponné à son idéologie et à sa base traditionnelle (fonctionnaires et élus) alors que son passage au gouvernement lui offrait l’opportunité de s’ouvrir à la société civile.

 Et maintenant ?

 François Bayrou annonce la création du Mouvement Démocrate dont l’implantation demeure incertaine et Dominique Strauss-Khan se précipite pour incarner le futur Parti Social-Démocrate qu’un prochain congrès du PS devrait entériner dans la douleur et le chagrin. L’un et l’autre se positionnent pour la présidentielle de 2012. Existe-t-il alors une chance de les voir côte à côte au sein de cette structure réformiste, surpassant les clivages partisans, qu’une bonne partie de nos concitoyens plébiscite ? La troïka UMP, MD, PSD décalquera-t-elle, en 2008, le trio UMP, UDF, PS ? Un changement de sigle en guise d’innovation, voilà qui serait désespérant, mais s’avère probable.

 

 Reste l’ouverture qu’annonce Nicolas Sarkozy. Elle est nécessaire : seule une France unie remportera des succès économiques, sociaux, politiques et diplomatiques dans le monde multipolaire qui s’installe non sans heurts et incite au dépassement de soi.

 Face à une échéance capitale pour l’avenir de notre pays, Éric Besson a eu le courage de rompre avec ses schémas de pensée alors qu’il occupait des fonctions enviables et avait une carrière tracée. Il lui faut à présent réussir l’ouverture et concrétiser l’unité espérée. Dès avant le premier tour, des militants de gauche, dont certains ont eu des responsabilités au sein du PS, du MJS et même du PC, l’ont rejoint, préfigurant le délitement du socialisme antique, qui se profile.

C’est pourquoi, dans l’immédiat et pour que la France se remette en marche, je vous invite à l’accompagner dans l’action qu’il va entreprendre pour rénover la vie politique.

Cette campagne électorale est rude. D’autant plus rude que certains d’entre nous ont évolué au cours des semaines et fait des choix inattendus. Des relations jusqu’ici cordiales se sont tendues. Je forme le vœu que, dès la rentrée prochaine, les joies et les peines étant dépassées, nos clubs de réflexion politique reprennent leur activité dans la convivialité et la créativité.

 

 Catherine Pauchet.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

jean-claude 06/07/2007 10:27

Sarko, un homme douverture ? NON, un "petit" homme de DIVISION qui avec malices, a réussi à fourvoyer ceux que j'appelle des "arrivistes" et qui ne pensent qu'au FRIC qu'ils vont percevoir en collaborant avec la droite qui ...ouvrez les yeux ...favorise les riches et que les riches.Les économistes de droite nous font connaître ...après les élections (!!!) ...que le trou de la Sécu est devenu un gouffre après la réforme de ces mêmes ministres.Je suis un Socialiste et je suis fier de l'être car la Gauche, cela veut dire quelque chose.

deslilas 17/05/2007 18:38

A lire vos textes fustigeant les 47% de français paresseux, médiocres, inutiles qui ont voté Royal et dont je suis fier de faire partie je comprends mieux toute la noblesse de votre entreprise et de celle de votre ami Bernard Kouchner.Bon courage avec votre projet de "rénovation" et de restauration des valeurs.La tolérance me permet de vous lire mais ne m'impose pas de soutenir votre démarche nostalgique.Qui se ressemble s'assemble.

Fred 16/05/2007 11:12

"Nous sommes nombreux, visiblement, à souhaiter que les valeurs du travail et de l’effort reviennent à l’honneur, que le mérite de chacun, par delà son origine, soit reconnu, que l’autorité de l’État recouvre tout le territoire, que nos entrepreneurs s’imposent dans la compétition mondiale, que le respect des droits de l’homme devienne une ligne de conduite." Ne trouvez-vous pas au contraire inquiétant que 47% de nos concitoyens souhaitent toujours faire l'apologie de la fainéantise et de l'assistanat, désirent l'anarchie dans le pays, la faillite de nos entreprises et l'écrasement des droits de l'homme ???Très franchement, cette analyse traduit le vide béant d'une campagne électorale conduite de part et d'autres au nom des valeurs les plus universelles, par la gauche faute d'avoir des propositions concrètes, et par la droite pour mieux masquer les siennes... L'ouverture la plus large que vous appelez de vos voeux est la conséquence de ce bel unanimisme creux qui ressemble davantage à l'école des fans et à la star ac qu'au débat démocratique. Imaginer qu'il y aurait une vérité éclairée qui devrait s'imposer à tous et convaincre les brebis égarées de quitter les voies de l'archaïsme, ce n'est pas le modèle démocratique, mais celui de la technocratie. Pourquoi donner le droit de vote si c'est uniquement pour laisser le choix entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal ?Bien sûr, les lignes ont le droit de bouger comme elles l'ont très souvent fait en 200 ans de république. Mais ces mouvement doivent reconstruire des antagonismes dynamiques qui permettent le libre choix entre deux voies également respectables, le contrôle par des contre-pouvoirs et l'alternance, qui est en démocratie représentative la seule liberté politique inaliénable.

Marc d HERE 15/05/2007 19:50

Le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, a prôné mardi un rapprochement entre radicaux de gauche et "radicaux de droite" pour créer "une grande force centrale", à l'issue d'une rencontre avec le président élu Nicolas Sarkozy.(Avec AFP).Même le PRG, les plus fidèles alliés du PS commencent à s'apercevoir que ce parti est en train de se déliter, car il n'a plus d'idéologie, plus d'objectifs clairs et ses leaders (feminins comme masculins) ne sont pas de grande valeur (pour être gentil).....Ils en sont revenus à la SFIO...... 

Marc d HERE 15/05/2007 11:00

Nicolas Sarkozy recevra mardi après-midi le président du Parti radical de gauche (PRG) Jean-Michel Baylet, fait savoir l'entourage du président élu. "Le président de la République a dit qu'il souhaitait rencontrer régulièrement les partis de l'opposition. Il rencontre Jean-Michel Baylet, président du PRG cet après-midi à 16h30", a-t-on déclaré de même source.