Aux côtés d'Eric Besson

Publié le par Catherine Pauchet

 

Au premier tour des présidentielles, j’ai voté François Bayrou car il était, pour moi, l’homme du renouveau et de la concorde. Seulement voilà, il a été éliminé et, aujourd’hui, je dois me déterminer entre les deux candidats en lice. J’ai donc décidé de soutenir Nicolas Sarkozy, aux côtés d’Éric Besson, pour solliciter l’électorat de gauche.

 

Trois raisons dictent cet engagement exceptionnel.

 

D’abord, la nécessité de revaloriser le travail, de remettre au travail les Français laissés en chemin. Cela passe par le soutien aux innovateurs et aux entrepreneurs, en particulier ceux des PME/PMI, ainsi que par le respect des classes moyennes qui assurent le gros de notre productivité et de nos réussites, y compris dans la fonction publique. Cela passe aussi par l’obligation, pour les bénéficiaires du RMI, d’accomplir une tâche au service de la collectivité qui leur redonne dignité et utilité, en contrepartie de cette allocation. Je ne vous cache pas  que l’octroi de la gratuité des transports aux rmistes, donc leur maintien dans l’assistanat, par le conseil régional d’Île de France, a pesé en faveur de cet argument. Pendant ce temps, les petits salaires, les travailleurs à temps partiel, qui ont un métier pas toujours valorisant et habitent souvent loin de Paris, paient leur train plein pot. C’est injuste.

 

Ensuite, la nécessité d’une fiscalité équitable. Un Français sur deux échappe à l’impôt. Or, payer l’impôt est l’acte citoyen par excellence. La France n’est pas un pays de « riches », mais de gens aisés ce qui n’est pas la même chose. Si je prends l’impôt sur la fortune, je constate que les possesseurs d’antiquités et d’objets d’art en sont exonérés tandis que les personnes qui ont travaillé dur toute leur vie et possèdent un appartement et/ou une résidence à la campagne, peuvent y être assujetties. Qu’on m’explique pourquoi être l’heureux propriétaire d’un tableau de maître donne droit à un privilège fiscal tandis qu’être propriétaire de son logement pour y abriter sa famille conduit à une sanction financière. Je trouve normal que les salariés, qui assurent la prospérité du pays et soutiennent les inactifs, voient leurs impôts diminuer un peu.

 

Enfin, la nécessité d’un renouveau de l’offre politique. Si le parti socialiste gagne les élections, il ne changera pas. Il restera, plus que jamais, l’otage des groupuscules d’extrême gauche opposés à toute réforme. De 1981 à 2002, le PS a été plusieurs fois au gouvernement avec les marxistes. Je cherche en vain la réforme Lebranchu de la justice, la réforme Guigou des retraites, la réforme Aubry de l’assurance maladie, la réforme Strauss Khan des finances… À présent, il est urgent de se remettre en marche. L’adieu au socialisme, idéologie du 19ème siècle, est le début de cette modernité que j’attends. De plus, étant membre du Conseil national du Mouvement Européen au titre des Fédéralistes, j’apprécie moins la compagnie de ceux, de Chevènement à Schivardi, qui ont « plombé » l’Europe au moment où l‘UE doit accueillir nos voisins de l’Est et oeuvrer au développement des pays les plus pauvres.

 

Bref, il y a le court terme : faire élire Nicolas Sarkozy le 6 mai et le long terme : moderniser la vie politique française. Dans cette perspective, je serai attentive à toutes les initiatives politiques, celle d’Eric Besson et de son « pôle de gauche » proche de l’UMP, celle de François Bayrou et de son Parti Démocrate.

 

 

Catherine Pauchet

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Marc d HERE 12/05/2007 22:38

L'ancien ministre de l'Education de Lionel Jospin, Claude Allègre (PS), se dit "prêt à aider Nicolas Sarkozy", dans un entretien à paraître demain dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. M. Allègre qui a été reçu à plusieurs reprises par le nouveau président de la République précise qu'il est "prêt à accepter une mission limitée dans le temps pour aider l'université française à s'adapter au XXIe siècle et pour faire en sorte que la recherche redevienne une des priorités nationales". Il indique cependant qu'il n'a pas voulu devenir ministre car "il est temps qu'une nouvelle génération soit aux commandes".(Avec AFP). 

Marc d HERE 12/05/2007 11:00

La volonté d'ouverture de Nicolas Sarkozy semble  se confirmer,  dans ses premières déclarations et dans les contacts pris pour la formation de son gouvernement .....Ses contacts chaleureux  et constructifs avec Tony Blair montrent bien que c'est de son côté que l'on trouvera les réponses à   la modernisation nécessaire de notre pays......

Alexandre 08/05/2007 22:43

On peut parler de société de la negociation et du contrat lorsque l'on a des syndicats representatifs, à savoir, des syndicats élus ( avec une majorité qui vote et non pas 8 % ...) et des syndicats libres, donc fin du monopole issue de l'apres-guerre ...
Oui, la société de la negociation et du contrat est la bonne société, même le plus efficace des gouvernements en economie ne fera jamais aussi bien qu'un mode de gouvernance décentralisé; Mais en attendant de reformer le mode de fonctionnement de nos partenatires osicaux, nous devons mettre en place les reformes necessaires pour relancer la croissance economique; c'est dans un pays prospere que nous pourrons relancer la negociation salariale, que nous pourrons reformer les consultations syndicales, leur mode d'elections. Mais avant tout, reformans notre économie, montrons que nous sommes capables d'arriver à un 3.5% de croissance de PIB, que nous pouvons faire reculer le chomage, que nous avons une telle croissance avec une inflation contenue et que donc nous creons de la vraie richesse, ensuite nous decentraliserons la gestion salariale au partenaires sociaux, mais soyons clair, dans un 1er temps, ce n'est pas avec les actuelles CGT et FO que nous mettrons en oeuvre une forme de Flex-Sécurité, pourtant indispensable !

Piotr 04/05/2007 11:14

Tout à fait d'accord avec Pierrick Hamon, le vrai choix entre Ségolène et Sarko, c'est celui de la société de la négociation et du contrat, alors que celui de Sarko est celui de la certitude programmatique et du passage en force, à l'image de ce qu'il a fait en tant que ministre de l'intérieur.
Cela nous éloigne beaucoup d'une logique socio-libérale, d'autant que sa vision de la France s'approche effectivement d'une culture francouhouillarde étriquée. On est loin de la gauche et de la modernisation dont la France a besoin.

JAULIN 03/05/2007 21:24

J'approuve l'analyse de Catherine Pauchet pour un rassemblement au centre de ceux qui sont décidés à soutenir les réformes indispensables à notre Pays. Il n'est plus question ici de couleur politique, d'idéologie mais d'efficacité économique.
L'objectif est "d'équilibrer" une future majorité UMP - Centre gauche social-libéral pour imposer ces réformes et donner plus de poids et de légitimité à la politique qui sera menée.
Si nous parvenons à le faire, l'opposition de "la rue" sera moins puissante et aura du mal à contester l'impérieuse nécessité des réformes et leur légitimité.
Si nous échouons, il y a effectivement risque de blocage et de temps perdu supplémentaire, luxe que ne peut plus se permettre la France...
Gérard JAULIN    IES  Normandie