Le Projet d'IES (3)

Publié le par IES

 

La santé publique est un objectif d’intérêt général dont la réalisation passe par  une mobilisation et une responsabilisation de tous. Elle exige une politique énergique de protection de notre environnement et d’interdiction des produits polluants, elle exige   aussi  une politique de  prévention ciblée sur les plus jeunes  et les populations à risques.

Le constat 

L’augmentation de la durée de vie, le développement de techniques médicales coûteuses, les demandes croissantes  de soins conduisent à une augmentation des dépenses médicales, aggravée par une gestion à la fois laxiste et rigidifiée du système. Cette augmentation légitime doit être maîtrisée.

Les propositions

Pour être à la fois  acceptée et  utile, une  réforme doit répartir équitablement les responsabilités et  les efforts entre les différents  niveaux de revenus, entre les  générations, entre les acteurs.

Le cadre de la   politique de santé, l’objectif de dépenses, l’étendue de la prise en charge collective – le  « panier de soins » remboursé- les recettes, le contrôle des résultats, doivent  dépendre du Parlement. La  gestion se fera dans un cadre régional, avec   une large  autonomie donnée aux conseils d’administration des caisses.

Les médecins remplissent une mission de service public, ce qui doit conduire à  donner  un sens plus civique à son exercice.

Durant leur période d’activité ils seront régulièrement  évalués, dans leurs compétences et dans  leurs  pratiques.

Un exercice collectif et coordonné  de la médecine sera encouragé par des regroupements d’un généraliste et de spécialistes au sein d’un même cabinet, ou par  des liaisons en réseau. Les médecins doivent s’organiser, pour l’installation de « maisons médicales de garde » qui décongestionneraient les services d’urgence  des hôpitaux.

Les collectivités publiques prendront des mesures fiscales ou sociales incitatives pour que l’installation de médecins soit mieux répartie sur le territoire.

Les hôpitaux, source de la moitié du déficit de l’assurance maladie, doivent échapper à une bureaucratie paralysante et  disposer, dans un   cadre régional, d’une autonomie de gestion ainsi que d’une souplesse d’organisation.

L’hôpital est le domaine de la bureaucratie,  corseté par des règles rigides,  par le statut du personnel et bridé dans ses  capacités d’initiative et de réactivité.  Sont nécessaires l’autonomie la plus large du conseil d’administration et la responsabilisation des équipes soignantes, dans le respect  des objectifs fixés. A cette autonomie doit répondre une évaluation publique  en terme  de coûts et de résultats,  sur un plan  quantitatif mais également qualitatif de satisfaction des malades et des familles. On  doit aussi  recourir largement au  partenariat public privé pour tout ce qui touche à la construction, l’entretien et la gestion des hôpitaux, voire à une coopération médicale avec les cliniques privées.

La distribution des médicaments sera  maîtrisée avec une prise en compte des besoins de la recherche conduisant à un prix de vente suffisant des médicaments nouveaux et au  recours accru  aux génériques et  au  non remboursement des médicaments insuffisamment efficaces.

La responsabilisation des patients et des  usagers du système de soins aura pour conséquence   que ceux-ci ne doivent pas pouvoir demander tous types de  soins avec une fréquence illimitée. Ils  doivent  admettre  soit une restriction  soit  une  participation financière en proportion de leurs revenus.

Les prestations et allocations ne peuvent continuer à être accordées de manière générale et égalitaire.  La notion d’équité  doit  nous conduire   à prendre en compte  les disparités financières. On doit  mettre à contribution les plus hauts revenus. Cela pourra passer par des cotisations différenciées, les remboursements modulés de la médecine de ville en fonction du revenu,  une franchise… Comme le recommande  Bernard Kouchner « la France doit faire partager le coût de sa protection sociale à ses habitants proportionnellement à leurs revenus. » 

Par ailleurs, dans cette optique de responsabilisation des assurés, combien d’abus ne  devraient plus être tolérés.

 

Emploi : on n’a pas tout essayé

Le constat

La plus criante des injustices en Europe et particulièrement en France depuis trente  ans, est celle d’un chômage très élevé-  9 à 10% de la population active selon les chiffres officiels auxquels s’ajoute  un sous-emploi latent ou  camouflé -   producteur de pauvreté, principale  cause du sentiment d’insécurité sociale qui étreint la société.

Les réglementations générales ne peuvent répondre à la complexité du problème, comme le montre  l’OCDE qui fait apparaître que notre chômage structurel est un des plus importants, alors que nous avons  le taux de réglementation du travail le plus élevé. Les formules globales, du type emplois jeunes non ciblés, 35 heures pour tous, formations générales, gestion administrative par les ANPE,  n’apportent que des réponses marginales. Il sera nécessaire de trouver des solutions adaptées aux secteurs, aux populations, aux individus concernés.

 

Les propositions

Face à ce fléau qui détruit les êtres et engloutit les vies, les solutions qui paraissent défendre les salariés, en retardant artificiellement les réorganisations nécessaires et qui se limitent à cela, sont  contre productives. Empêcher les licenciements est illusoire, les  rendre par trop  difficiles a comme principale conséquence de raréfier les embauches.

Ce ne sont pas les emplois qu’il faut protéger, lorsqu’ils sont condamnés par la concurrence ou le progrès technique,  mais les personnes qu’il faut rendre employables et mettre en condition de  retrouver le chemin d’un nouvel emploi.  Pour aller vers une société du plein emploi on dépassera les politiques fondées sur la résistance ou sur l’assistance,  pour privilégier l’adaptation aux besoins  et la responsabilisation des acteurs.

Dans l’action destinée à relancer l’emploi, nous avons l’obligation de   concilier la flexibilité dont les entreprises ont besoin et la sécurité que réclament les salariés.

De manière très concrète il faudra à la fois   inciter les  entreprises à créer des emplois et à embaucher, et inciter les individus à   trouver ou retrouver  un emploi en leur donnant la volonté et  la possibilité de le faire.

Favoriser les créations, le développement et les capacités d’emploi des entreprises, particulièrement  des petites entreprises et des entreprises innovantes. Nous avons, pour la création d’entreprises, un important retard   par rapport aux autres pays développés[1].  C’est l’une des sources de croissance et d’emploi que nous devons favoriser.

Que ce soit dans le commerce et  l’hôtellerie restauration, la santé ou l’action sociale le nombre d’emplois potentiels est important, il nous appartient d’en favoriser l’éclosion, par des mesures  fiscales ou des financements mixtes ce type d’activité.

On agira de même pour la création de sociétés du  tiers secteur  qui répondent à des besoins non satisfaits par le marché.

On devra  faciliter les procédures de création d’entreprises  en poursuivant  l’action d’allègement des contraintes administratives,   en aidant  les demandeurs d’emploi à créer leur entreprise,  en  favorisant la mobilisation de l’épargne, en incitant les banques à faire preuve de moins de frilosité.

  Une attention particulière doit être portée au soutien au long des deux premières années d’existence de la nouvelle entreprise, par exemple en permettant au créateur d’entreprise s’il était chômeur et percevait des indemnités  de continuer à les  percevoir en partie. On  facilitera la mise en réseau des petites entreprises et des centres de recherche et de gestion, on rendra moins coûteux pour ces entreprises  le recours à l’intérim,  on favorisera l’embauche du premier  voire des deux premiers salariés grâce à la suppression des charges sociales afférentes.

Faciliter l’embauche, passe par des mesures allant dans le sens de la simplification et de l’assouplissement du contrat de travail. Face aux multiples contrats existants, retenons l’idée d’un CDI généralisé (le CDD et l’intérim  seraient réservés à des durées très courtes, des missions bien spécifiques). Ce CDI verrait augmenter  avec le temps les garanties offertes au salarié, en terme de formation, mais aussi  en terme de préavis,  d’indemnités de licenciements ou de chômage.

C’est  bien là le nœud de la question: les conditions d’un éventuel licenciement, sachant qu’en faciliter les conditions peut  permettre un recrutement plus facile. Si les modalités du  licenciement doivent être suffisamment simples et rapides pour ne pas freiner l’embauche,  elles doivent être aussi suffisamment entourées de garanties pour donner au salarié le minimum de sécurité. Cet équilibre  doit résulter d’une négociation entre partenaires sociaux. Globalement cela  pourrait se bâtir autour des idées suivantes : procédures simples de licenciement, motifs clairs,  suppression des contrôles administratif et judiciaire du licenciement économique, et en contrepartie,  développement de la formation continue du salarié,   indemnités de licenciement et indemnités chômage plus importantes et croissant avec le temps passé dans l’entreprise,  participation des entreprises à des actions de reclassement. 

Les charges sociales pesant sur les entreprises peuvent aussi être utilisées de manière à favoriser l’emploi. Certaines peuvent  être basculées  sur la valeur ajoutée des entreprises, au lieu d’être liées aux salaires.  Par ailleurs ces charges pourront être réduites de manière modulée, par un système de bonus malus intervenant  en fonction des évolutions en terme de niveau et  de qualité d’emploi, en fonction du pourcentage de salariés en CDI.

 

Permettre un meilleur retour à l’emploi, plus rapide  doit être un objectif prioritaire, sachant que la gravité de la situation, pour l’individu et la collectivité,  tient moins dans la perte d’emploi que dans la difficulté à un trouver un nouveau, dans l’installation dans le chômage.

L’essentiel de l’action consistera dans  l’accompagnement personnalisé et  incitatif  des chômeurs. Nous devons créer un  service public de l’emploi efficace unique –mais décentralisé- au lieu de notre système dual et centralisé à la fois. Ce service,  plus proche de chaque chômeur,  doit pouvoir mieux apparier les offres et les demandes effectives d’emploi.

Il pourrait s’appuyer sur des opérateurs externes, entreprises privées ou associations, rémunérés en fonction du taux de retour à l’emploi des chômeurs qui leur auraient été confiés.

Les demandeurs d’emploi doivent être orientés vers ce qui correspond à leurs compétences mais aussi  vers les métiers qui manquent de main d’œuvre et qui sont  porteurs.

Les demandeurs d’emploi  doivent recourir à des formations  aptes à   les préparer à ces métiers, leur permettre de s’adapter  à la demande, dans la mesure où cela est en rapport avec  leur niveau de qualification, leurs  compétences, et  n’est pas  contraire à leurs aspirations. Et cette formation qualifiante, liée à un projet  dans laquelle s’engage le demandeur d’emploi doit être considéré comme une action positive et justifier, dans certaines conditions, une rémunération.  

La formation sera un des points clés de ce retour  à l’emploi, mais elle   doit aussi avoir pour objectif d’élargir l’employabilité du demandeur d’emploi et de le rendre apte à dépasser le seul horizon du prochain poste à occuper.  Ceci ne sera possible que si elle  est véritablement continue, comme l’exige   ce beau projet de formation tout au long de la vie[2]. Chacun doit se voir accorder un crédit temps formation, dans le cadre d’un « compte individuel de mobilité » lui  garantissant un droit, transférable d’une organisation à l’autre, d’une entreprise à l’autre, utilisable en période de travail ou de chômage, de participer à des formations répondant à ses besoins, à ses projets.

Et tous doivent en bénéficier. Pour  qu’elle ne reste pas le privilège d’une minorité, une clarification, une évaluation  et un contrôle  des dispositifs de formation seront  réalisés.[3] Pour lui donner l’efficacité maximum il faudra  coupler formation par l’université et formation  par l’entreprise. Des partenariats lieront l’Etat, les conseils régionaux, les organismes de formation et les entreprises.

Encore faut-il, pour que ce service public de l’emploi trouve toute son efficacité,  que les demandeurs d’emploi  apportent leur participation et que leurs efforts répondent à ceux de la collectivité. Une des faiblesses de notre système social et d’indemnisation du chômage est qu’il n’incite pas suffisamment à l’emploi. 

Le caractère contractuel du retour à l’emploi, qui avait fondé le projet originel du PARE, doit s’affirmer, en tenant compte des possibilités du bénéficiaire. Il doit exister une conditionnalité effective de l’indemnisation, l’attribution   des  allocations chômage devenant  un instrument  incitant au retour à l’emploi. Leur versement sera lié à la réalité d’efforts de recherche d’emploi ou de formation, leur diminution ou leur suppression  pouvant intervenir en cas de refus sans raison légitime de propositions.  On doit donner aux chômeurs  le maximum de chances de retrouver un emploi, au plus près de leurs souhaits, il leur appartient en contrepartie de saisir ces chances, c'est-à-dire de ne pas les refuser.

            Les plus fragiles doivent être accompagnés, soutenus dans leur recherche. Des structures et des aides destinées aux jeunes et particulièrement  à ceux qui sont le plus éloignés de l’emploi   doivent leur  permettre d’entrer dans la vie active. 

Pour faciliter la reprise d’un emploi, on  pourra améliorer  aussi les conditions d’attribution du RMI qui devient une véritable trappe à inactivité[4], car le RMIste perd plus qu’il ne gagne à accepter un travail faiblement rémunéré. Nous pouvons reprendre la proposition de créer une allocation complémentaire de revenu  inspirée de l’impôt négatif[5] qui  serait dispensée, sous condition d’activité,  aux ménages dont les revenus seraient compris entre le RMI et le SMIC temps plein, et décroissante avec la croissance du revenu.

 

La Réduction du temps de travail est une évolution naturelle.   Nous refusons le discours négatif de la droite qui dans les 35 heures condamne le principe même de la réduction du temps de travail. Pour notre part,  nous regrettons  la manière dont a été imposée cette  loi qui, souvent, a eu pour effet de  perturber le fonctionnement des entreprises  ou des services publics, de  renforcer l’inégalité entre grandes et petites entreprises ou entre cadres et employés,  de générer des effets contre productifs y compris pour les salariés.

Aller librement vers  la  réduction du temps pouvait être  concilié avec l’intérêt des entreprises, qui savent bien qu’un temps raccourci  passé au travail   peut être  plus productif qu’un temps trop long. Mais rendre les 35 heures obligatoires, et les  étendre à la fonction publique était irresponsable, de même qu’elles étaient inadaptées aux PME et aux cadres qui se retrouvent avec deux semaines de congés supplémentaires.

L’erreur  a été double: partant d’une conception uniforme du travail et réglementaire des rapports sociaux, vouloir imposer à tous un même temps hebdomadaire de travail, et ne pas expliquer que cet avantage devait  se compenser notamment  en terme de revenu. 

On peut trouver des mesures incitatives  à la réduction du temps de travail, trouver des démarches respectueuses de la liberté des entreprises et des choix individuels des salariés,  autoriser des durées, des modalités et des compensations  différentes résultant de la négociation. Favoriser la réduction du temps de travail, n’exige pas d’imposer l’uniformité, elle exige négociation décentralisée, souplesse  et pluralité de choix.

On peut en faire un élément de responsabilisation et de coopération, en facilitant pour les entreprises comme pour les salariés des négociations sur  une possible modulation du  temps de travail sur l’année.

Le temps partiel choisi  doit pouvoir devenir un droit et  être développé, quand on sait que plus de deux millions de personnes travaillant à temps plein souhaitent travailler à  temps partiel, trois fois  plus que l’inverse. Les techniques nouvelles permettent plus que jamais d’individualiser les situations, de prendre en considération des  objectifs divers, de recourir à des modulations d’horaires. 

Quand on parle réduction du temps de travail, il y a en contrepoint l’augmentation du temps libre ou « non contraint ». Là se trouve un gisement de progrès social, à condition d’avoir une réflexion sur les utilisations possibles de  ce temps libre,  d’offrir des perspectives et des moyens. Bien entendu il faut, là plus qu’ailleurs, laisser s’exprimer la liberté et l’initiative  mais,  là comme ailleurs,  le refus de régulation, de formation, de moyens, fera que seuls  les plus  qualifiés, les plus dotés en capital culturel et financier, en profiteront. Une liberté non régulée ne profite qu’à ceux qui ont les moyens de l’utiliser à leur guise.  Accompagner le temps libre, donner à tous des possibilités d’en profiter peut passer par une information, par une  organisation collective souple  facilitant des choix de loisirs et d’activités..

 

On ne peut parler du travail sans évoquer le temps de la retraite.  La loi Fillon, qui maintient en France le système de retraite  le plus avantageux d’Europe,  ne répond que partiellement aux nécessités de réforme et de  financement.

Nous devons trouver un financement pour une grande part des besoins et accepter l’idée qu’il ne peut y avoir un  même âge couperet. Le  système actuel, même réformé,  prend mal en compte les différents parcours professionnels, la différence de  pénibilité des tâches, laisse peu de place à la  liberté de décision. La durée doit  primer sur l’âge. 

On donnera une plus grande latitude d’arbitrage entre âge de départ en retraite et montant de la pension : possibilité d’aller au delà de soixante cinq ans  pour améliorer sa pension,  de « tirer » librement sur son compte retraite, de choisir des formules de retraite modulées et  progressives.  Cette retraite à la carte demande que chacun puisse, en connaissance de cause, effectuer un arbitrage entre son âge de départ en retraite et le montant de sa pension.

Pour permettre un maintien global du niveau des retraites, la retraite par répartition devra être confortée, ce qui entraînera dans les années qui viennent et malgré la réforme de 2003, de nouveaux  efforts financiers auxquels  tous  devront  prendre part.

Au delà du fonds de réserve    insuffisant pour répondre au déséquilibre du financement, il faudra  compléter  l’allongement de la durée de cotisation qui était inéluctable par une hausse des cotisations,  qui devra être modulée.

Enfin, en complément,  un recours à la capitalisation devra être encouragé. Ne laissons pas, dans ce domaine aussi,  les  inégalités s’installer et se creuser en donnant cette faculté seulement aux agents de l’Etat ou à ceux qui ont des moyens suffisants.  Permettons à tous d’accéder de la manière la plus équitable et la plus sûre  à ces  compléments, dont les plans d’épargne entreprise peuvent constituer une part essentielle. L’Etat doit libéraliser et  déplafonner   l’accès aux fonds de pension.  

Les  partenaires sociaux doivent jouer un rôle déterminant dans le choix, la mise en place et le contrôle  de ces  « fonds » qui permettront, comme ailleurs en Europe, d’assurer une ressource supplémentaire au système et à l’économie[6].

De même, les régimes des fonctionnaires et les statuts spéciaux doivent être réexaminés : des inégalités de traitement importantes demeurent en faveur des fonctionnaires et bien entendu des régimes spéciaux.  Il est légitime de demander progressivement à ces salariés les mêmes efforts qu’aux autres,  non seulement en termes de durée de cotisation ce qui n’est pas réalisé pour les régimes spéciaux, mais aussi en terme de montant de cotisation et de pension  ou  d’années de référence,  quitte à  les compenser avec la prise en compte d’une part des  primes dans l’assiette des cotisations et des prestations.

 

 

 

 

UNE ECONOMIE DE CROISSANCE

 

Le  marché est l’espace de  la création de richesses, et à ce titre nous devons favoriser son fonctionnement.  Toutefois la recherche de rentabilité maximum dans des délais toujours plus courts, doit être régulée par une logique complémentaire, celle  de responsabilité, de prise en compte du long terme.

Notre projet  vise à utiliser l’efficacité du capitalisme libéral tout en le rendant  équitable et  responsable.   Seules la dynamique du marché et  la croissance nous  donneront les moyens de la solidarité, seul  le respect  de valeurs sociales et environnementales,  en permettront la réalisation.

Dans ce cadre, la  recherche et l’innovation sont  pour l’Europe et pour la France une priorité, dans la mesure où   elles sont   le principal moteur de l’expansion et la clé de l’avenir.

On doit, pour permettre la concrétisation de cette société de l’innovation  mêler politique de la recherche et politique industrielle,  faire en sorte qu’une  coordination  se développe entre les universités, les organismes de recherche,   les industrie et les  entreprises de service. 

 Il faut créer, en renforçant encore ceux qui existent,  quelques grands  pôles  de compétitivité, regroupant et faisant travailler, sur une base cohérente mais  multidisciplinaire, organismes de recherche,  universités, grandes écoles,  laboratoires privés, entreprises novatrices, sociétés de service spécialisées,  afin de  former des ensembles favorisant la créativité et  l’innovation. Ces pôles seront  soutenus par les collectivités publiques par la fourniture de terrains, des investissements,  l’obtention d’avantages  fiscaux.

Quelques  pôles régionaux  de niveau international doivent se créer, que viendront compléter des pôles de moindre importance sur des secteurs spécialisés. Les pôles de compétitivité lancés par le gouvernement vont dans ce sens même si leur grand nombre fait craindre une dispersion. 

 

Nous reconnaissons la concurrence comme un facteur de progrès, comme  source du dynamisme dont  nos sociétés ont besoin, mais elle doit s’exercer dans le cadre d’une régulation. La concurrence doit s’exercer de manière loyale, sans que des ententes viennent  la supprimer.  Les autorités européennes doivent  faire appliquer un droit de la concurrence qui concilie la puissance de grands  groupes européens et le maintien d’une diversité concurrentielle.

Dans notre économie de marché, l’acteur économique  principal est l’entreprise. Nous avons besoin d’entreprises dynamiques et responsables. Alors, encourageons l’esprit d’initiative, soutenons  ceux qui prennent des risques.

   Pour permettre le développement  des entreprises  les pouvoirs publics ne doivent pas tant  les subventionner que  réduire les obstacles administratifs  à leur création, aligner l’I.S. sur la moyenne européenne,  maintenir  un environnement qui leur soit favorable. 

La liberté des entreprises est une nécessité.  Comme  toute liberté elle  ne peut se concevoir  sans responsabilité.

            L’entreprise doit être encouragée  à devenir « socialement responsable », et à  admettre  que respecter une éthique sociale peut correspondre à son intérêt. Pour que cela  devienne une réalité, la fiscalité a un rôle à jouer, mais  la pression des médias, des associations, des syndicats, peut  se révéler aussi décisive, en  conduisant  un nombre croissant d’entreprises à intégrer les dimensions sociales et  environnementales dans leurs politiques.

            On peut inciter les partenaires sociaux à négocier une « charte de l’entreprise citoyenne », identifiant les comportements souhaitables qui, sans remettre en cause l’objectif de profit,  permettraient  d’inscrire l’activité  des entreprises dans  une démarche  de responsabilité et de  solidarité qui profitera à tous.  Cette charte  couvrirait  le domaine  du recrutement, notamment en adoptant des règles anti discriminations, de la  formation continue, du reclassement des salariés licenciés,  du développement local, du respect de l’environnement.

Une réglementation claire  doit interdire aux conseils d’administration d’attribuer  un niveau de rémunération excessif,  limiter les indemnités de départ et interdire d’en attribuer quand les résultats de la gestion auront été négatifs. La distribution de stock options sera interdite.

Pour freiner  le « nomadisme » et aller contre  la logique du court terme,  on consolidera la représentation des intérêts à long terme dans l’entreprise : les titres bloqués sur une longue période pourront disposer  d’un plus grand pouvoir de gestion que les titres négociables à tout moment, l’épargne qui restera investie pendant une certaine durée dans la même société pourra bénéficier de dividendes supérieurs et  se verra favorisée fiscalement.

Vis à vis des salariés, il faut  prendre conscience que le développement de l’entreprise ne peut se faire au détriment de ceux qui y travaillent  et que sa réussite est dans une grande mesure  liée à leur adhésion et à  leur motivation.   

L’entreprise peut être un lieu de partenariat  dans  lequel les conflits seront assumés  et feront   l’objet d’une « gestion créative ». La flexibilité nécessaire aux entreprises, pour s’adapter aux variations de la demande et de la situation économique,   pour accroître leur productivité comme les y oblige une concurrence multiforme, doit se négocier au plus près de la réalité, avec les compensations à donner  aux salariés.

Si  le droit du travail doit mieux s’adapter aux évolutions rapides de l’économie et  aux exigences de la concurrence, les salariés doivent en contrepartie obtenir des  garanties, notamment en termes d’expression et de formation. En terme de représentation également.

On doit  faire évoluer  par la négociation le  cadre juridique et redéfinir  les obligations et  les droits, qui doivent se trouver au centre de toute relation salariale.

Un minimum de sécurité doit  exister. Ainsi,  comme dit plus haut,  un CDI, réformé, assurant une réelle sécurité  tout en étant évolutif  dans l’extension de  ses garanties  en fonction de l’ancienneté  deviendra la norme. 

Le temps partiel choisi, sera  considéré, dans le cadre d’accords entre les partenaires sociaux comme un droit du salarié.

L’égalité entre hommes et femmes ne peut souffrir d’exceptions, ni  en terme de salaire ni en terme  de déroulement de carrière, et  les branches et les entreprises doivent convenir d’actions de rattrapage à engager pour la rendre effective.

Il est temps aussi que l’entreprise  redécouvre l’avantage d’une pyramide  des âges cohérente et  donne leur place aux travailleurs plus âgés.

Associer les salariés aux performances auxquelles ils ont contribué, relève de la justice mais aussi  de l’évidence économique. Le souci de justice et tout autant  l’intérêt de l’économie exigent que le profit réalisé entraîne des augmentations salariales (et d’abord pour ceux qui y ont le plus contribué)  et une participation accrue  aux résultats quelle qu’en soit la forme.

 Au-delà même de la participation aux résultats, cette rémunération  doit s’étendre à la participation  au capital. L’actionnariat salarié, les plans d’épargne éventuellement abondés de manière dégressive par les entreprises et bénéficiant d’avantages fiscaux,  résultant d’accords d’entreprise ou interentreprises  peuvent créer  les conditions d’une amélioration à long terme  de la   situation des salariés ( pour leur temps d’activité ou leur retraite)   et, en les  associant   plus étroitement à la stratégie, au fonctionnement,  et aux  résultats futurs de l’entreprise, leur faire prendre en compte les intérêts de cette entreprise. Cet actionnariat salarié  peut  représenter une étape vers une gouvernance partagée des entreprises et s’affirmer comme  un élément important d’un nouveau contrat social.

Les  représentants du personnel doivent  accéder aux informations et participer à un plus grand nombre de décisions. L’association, chaque fois que possible des syndicats aux projets et aux  décisions est un moyen de lutter contre les surenchères, les oppositions systématiques ou les incompréhensions qui conduisent au refus ou au blocage.

 

 

 

Faire de l’environnement, la bataille centrale

Publié dans Réflexion politique

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jlg 01/05/2007 22:19

 
virtuose de la brosse à reluire

marc d HERE 01/05/2007 22:11

Ne t'imite pas qui veut...Pas vrai Bouquery?....

jlg 01/05/2007 21:24

Bravo JMB pour tes commentaires d'un lacanisme toujours renversant
Alors que monte bandante la ferveur populaire venue de Charlety-tiens Charlety,notre PMF y était il y a 40 ans, n'en déplaise aux cas comme maux- notre président d'IES- IES ?...c'était l'espoir... notre président donc en commentaire de ses propres commentaires égraine la petite campagne de son candidat, de communiqué AFP en communiqué REUTERS... rien que des bonnes nouvelles...encore un bon sondage pour le ministre de l'intérieur, encore un notable UDF qui largue François...
Ségolène des deux mains pour ne pas dire à bras le corps!
signé: un normand en équilibre sur un fil entre deux autres membres d'IES Normandie qui çà r'causent fort et clair !

bouquery 01/05/2007 18:40

Voilà le fond qui t'es si cher. le blog livré au pathos des 1000 caccomaux, IES en famille du clan Sarkorleone, pendant que les parrains Bouigo et Arno attendent le retour.plus de raison. enthousiasme malsain. meme la normandie se déséquilibre. plus guère ne sait dirait notre totor Hugo.
jmb

bouquery 28/04/2007 23:19

Même Emmanuelli bouge. Le pb n'est pas de voter pour sarco c'est de s'en réclamer . IES ou ciao pantins ?    jm